Notre série « Retour sur 2012 » revient sur un séisme politique survenu en Chine en mars 2012. Le 15 mars, l’agence officielle Xinhua annonçait en quelques lignes que Bo Xilai, secrétaire du Parti communiste de la métropole de Chongqing, était démis de ses fonctions et remplacé par le vice-Premier ministre Zhang Dejiang.
À 62 ans, Bo Xilai faisait figure de favori pour entrer au comité permanent du Bureau politique, l’instance de neuf membres qui dirige de fait le pays, lors du renouvellement prévu à l’automne. Fils de Bo Yibo, l’un des « huit immortels » du Parti, ancien maire de Dalian puis ministre du Commerce, il dirigeait Chongqing depuis 2007. Il s’y était fait connaître par une vaste campagne contre le crime organisé et par la promotion de la culture « rouge » de l’ère maoïste, un style populiste rare parmi les dirigeants chinois.
Sa chute trouve son origine dans un incident survenu le 6 février : son ancien chef de la police, Wang Lijun, également vice-maire de la ville, s’était réfugié pendant une journée au consulat des États-Unis à Chengdu, avant d’être placé sous enquête. Interrogé en marge de la session parlementaire, Bo Xilai avait reconnu avoir « accordé sa confiance à la mauvaise personne ».
Le limogeage intervient au lendemain de la clôture de l’Assemblée nationale populaire, au cours de laquelle le Premier ministre Wen Jiabao avait publiquement appelé les autorités de Chongqing à tirer les leçons de l’affaire. Wang Lijun est, lui aussi, relevé de ses fonctions de vice-maire. Sur les réseaux sociaux chinois, l’annonce suscite immédiatement des milliers de réactions.
Avec le recul, cette disgrâce de mars 2012 n’était qu’un début : Bo Xilai sera exclu du Parti, puis condamné en 2013 à la prison à vie pour corruption et abus de pouvoir, à l’issue de l’un des procès politiques les plus retentissants de la Chine contemporaine.
Sources
- BBC News – Bo Xilai removed by China from Chongqing leader post (15 mars 2012)
- Al Jazeera – Aspiring Chinese party leader sacked (15 mars 2012)
- CNN – China axes Bo Xilai from Chongqing post after scandal (mars 2012)
Image à la une : Georges Boulougouris / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0 (source).
