Notre série « Retour sur 2012 » revisite un épisode qui a inquiété l’Asie en avril 2012. Le vendredi 13 avril, à 7 h 39 heure locale, la Corée du Nord lançait une fusée Unha-3 depuis le nord-ouest du pays, officiellement pour placer en orbite un satellite d’observation de la Terre.
Pyongyang présentait ce tir comme l’un des temps forts des célébrations du centième anniversaire de la naissance du fondateur du régime, Kim Il-sung, prévu le 15 avril. Mais les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud y voyaient un essai déguisé de technologie de missile balistique à longue portée, interdit par les résolutions de l’ONU.
Le vol tourne court. Selon le ministre japonais de la Défense, l’engin a volé à peine plus d’une minute avant de retomber. Séoul indique que la fusée s’est brisée en une vingtaine de morceaux, tandis que le commandement nord-américain de défense aérospatiale (NORAD) précise que le premier étage est tombé en mer à environ 165 kilomètres à l’ouest de Séoul. Aucun débris n’a touché la terre ferme.
Fait rare, l’agence officielle nord-coréenne KCNA reconnaît l’échec quelques heures plus tard : le satellite n’a pas atteint son orbite. La Maison-Blanche condamne malgré tout une « action provocatrice », et le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, juge le lancement « déplorable ». Le tir avait déjà conduit Washington à suspendre un accord conclu en février, qui prévoyait une aide alimentaire en échange d’un moratoire sur les essais. Le même jour, Kim Jong-un est nommé premier président de la Commission de défense nationale.
Avec le recul, cet échec d’avril 2012 n’a pas freiné les ambitions de Pyongyang : en décembre de la même année, une nouvelle Unha-3 parviendra à placer un objet en orbite.
Sources
- BBC News – North Korea rocket launch fails (13 avril 2012)
- The New York Times – North Korean Rocket Fails Moments After Liftoff (13 avril 2012, archive)
- Korea JoongAng Daily – North rocket didn’t separate: Expert
Image à la une : Sungwon Baik / VOA / Wikimedia Commons, licence domaine public (source).
