Retour sur 2012 – mars : la Grèce boucle le plus grand effacement de dette souveraine de l’histoire

Le siège de la Banque de Grèce, rue Panepistimiou à Athènes

Notre série « Retour sur 2012 » revient sur un épisode clé de la crise de la zone euro survenu en mars 2012. Le 9 mars, Athènes annonçait le succès de l’opération d’échange de dette conduite auprès de ses créanciers privés, connue sous le sigle anglais PSI (Private Sector Involvement), une restructuration d’une ampleur jamais vue pour un État.

Lancée le 24 février, l’offre proposait aux détenteurs d’obligations grecques d’échanger leurs titres contre de nouveaux, au prix d’une forte décote. Selon le ministère grec des Finances, dirigé par Evangelos Venizelos, des créanciers représentant environ 172 milliards d’euros de titres y ont répondu favorablement. Sur les quelque 177 milliards d’euros d’obligations relevant du droit grec, 85,8 % ont été apportés à l’échange ou ont donné leur accord.

Fort de ce résultat, le gouvernement a activé les clauses d’action collective introduites par une loi votée quelques semaines plus tôt, afin d’imposer l’échange aux porteurs récalcitrants de titres de droit grec. Le taux de participation a ainsi été porté à environ 95,7 %. Au total, les investisseurs privés ont renoncé à plus de 100 milliards d’euros de créances.

Le même jour, les ministres des Finances de la zone euro ont estimé que la Grèce remplissait les conditions de son deuxième plan de sauvetage, d’un montant de 130 milliards d’euros. Mais le recours à la contrainte a eu une conséquence immédiate : l’ISDA, l’association internationale des produits dérivés, a déclaré à l’unanimité un « événement de crédit », déclenchant le paiement des contrats d’assurance contre le défaut (CDS) sur la dette grecque.

Pour les détenteurs de titres régis par un droit étranger, qui n’avaient participé qu’à hauteur de 69 %, le délai a été prolongé jusqu’au 23 mars. Avec le recul, cette opération de mars 2012 reste un cas d’école : elle a allégé le fardeau d’Athènes sans pour autant mettre fin à la crise grecque, qui se prolongera encore pendant plusieurs années.

Sources

Image à la une : George E. Koronaios / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0 (source).

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