Notre série « Retour sur 2012 » revient sur un scrutin inédit dans le monde arabe en mai 2012. Les 23 et 24 mai, plus d’un an après la chute de Hosni Moubarak, les Égyptiens étaient appelés à choisir leur président lors de la première élection présidentielle véritablement disputée de leur histoire.
Treize candidats étaient en lice, mais le résultat dessine un pays profondément divisé. Selon la commission électorale, qui confirme les chiffres le 28 mai, Mohamed Morsi, candidat du Parti de la liberté et de la justice, issu des Frères musulmans, arrive en tête avec 5 764 952 voix, soit 24,78 %. Il est suivi de près par Ahmed Chafik, ancien général de l’armée de l’air et dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, avec 5 505 327 voix (23,66 %).
Les candidats issus du mouvement révolutionnaire et les modérés se partagent le reste des suffrages : le nassériste Hamdine Sabahi obtient 4 820 273 voix, l’islamiste indépendant Abdel Moneim Aboul Foutouh 4 065 239 voix et l’ancien secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa 2 588 850 voix. La participation s’établit à environ 46 %.
Pour de nombreux militants de la place Tahrir, ce duel entre l’islam politique et une figure de l’ancien régime constitue un crève-cœur. Le second tour, les 16 et 17 juin, se jouera dans un climat de forte polarisation.
Mohamed Morsi l’emportera finalement avec 51,73 % des voix, devenant le premier président civil élu de l’Égypte. Avec le recul, l’espoir démocratique de mai 2012 aura été de courte durée : le chef de l’État sera renversé par l’armée en juillet 2013, au terme de manifestations massives contre son pouvoir.
Sources
- Al Jazeera – Shafiq and Morsi confirmed for Egypt runoff (28 mai 2012)
- Ahram Online – After the dust settles: Morsi, Shafiq to face off in presidential showdown (mai 2012)
- BBC News – Egypt poll: Islamist Mursi and ex-PM Shafiq in run-off (mai 2012)
- BBC News – Muslim Brotherhood’s Mursi declared Egypt president (24 juin 2012)
Image à la une : Yuli Weeks/VOA / Wikimedia Commons, licence domaine public (source).
