Notre série « Retour sur 2012 » revient sur un scrutin qui a fait trembler la zone euro en mai 2012. Le dimanche 6 mai, le jour même du second tour de la présidentielle française, les Grecs élisaient leurs députés, deux mois après la restructuration de la dette du pays et en pleine cure d’austérité.
Le résultat sonne comme un désaveu pour les deux partis qui alternaient au pouvoir depuis des décennies. La Nouvelle Démocratie (droite) d’Antonis Samaras arrive en tête, mais avec seulement 18,85 % des voix, ce qui lui donne 108 sièges grâce à la prime accordée au premier parti. Le Pasok socialiste s’effondre à 13,18 % et 41 sièges.
La surprise vient de Syriza, la coalition de la gauche radicale menée par Alexis Tsipras, qui, opposée aux plans d’austérité, obtient 16,79 % et 52 sièges, devenant la deuxième force du pays. Autre choc : le parti néonazi Aube dorée fait son entrée au Parlement avec 6,97 % des voix et 21 députés.
Aucune majorité ne se dégage. Antonis Samaras, puis Alexis Tsipras, échouent tour à tour à former une coalition. Faute d’accord, le président Károlos Papoúlias dissout la nouvelle assemblée et convoque un nouveau scrutin pour le 17 juin. Pendant ces semaines d’incertitude, les marchés et les partenaires européens s’inquiètent ouvertement d’une possible sortie de la Grèce de la zone euro.
Lors du scrutin de juin, la Nouvelle Démocratie remontera à 29,66 % et 129 sièges, contre 26,89 % pour Syriza, permettant la formation d’un gouvernement de coalition dirigé par Antonis Samaras. Avec le recul, le vote de mai 2012 a marqué la fin du bipartisme grec et l’ascension de Syriza, qui accédera au pouvoir en 2015.
Sources
- Fondation Robert Schuman – The government and pro-European parties collapse in the Greek General Elections (mai 2012)
- Union interparlementaire (IPU Parline) – Grèce, élections de mai 2012
- BBC News – Greek election: Antonis Samaras coalition bid fails (mai 2012)
- IFES Election Guide – Greek Parliament 2012 (17 juin)
Image à la une : George E. Koronaios / Wikimedia Commons, licence CC0 (domaine public) (source).
