Retour sur 2012 – mars : la Syrie accepte le plan de paix en six points de Kofi Annan

Kofi Annan, envoyé spécial conjoint de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, devant la presse à Genève en 2012

Notre série « Retour sur 2012 » revient sur l’un des espoirs diplomatiques suscités en mars 2012 par le conflit syrien. Le 27 mars, le gouvernement de Bachar al-Assad faisait savoir par écrit à Kofi Annan, émissaire conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe, qu’il acceptait son plan de sortie de crise en six points.

L’ancien secrétaire général de l’ONU avait présenté ce plan lors d’une visite à Damas au début du mois. Le texte prévoyait une cessation de toutes les violences armées sous la supervision des Nations unies, le retrait des troupes et des armes lourdes des zones habitées, une pause humanitaire quotidienne de deux heures, l’accès de l’aide aux populations, la libération des personnes détenues, la libre circulation des journalistes et un processus politique conduit par les Syriens. Quelques jours plus tôt, le Conseil de sécurité lui avait apporté son plein soutien.

Depuis Pékin, où il se trouvait, Kofi Annan a salué par la voix de son porte-parole, Ahmad Fawzi, « une première étape importante » susceptible de mettre fin aux violences, tout en soulignant que la mise en œuvre serait déterminante. Il a écrit au président syrien pour l’inviter à appliquer immédiatement ses engagements. Selon les estimations de l’ONU à l’époque, plus de 8 000 personnes, en majorité des civils, avaient été tuées depuis le début du soulèvement, en mars 2011.

L’accueil reste prudent. Le plan ne fixe aucun calendrier et n’exige pas le départ de Bachar al-Assad, ce qui explique la réaction réservée du Conseil national syrien, principale coalition d’opposition. De son côté, le président syrien réclame des engagements des « groupes armés ». Dans les jours suivants, l’équipe de l’émissaire constate qu’aucune cessation des hostilités n’est intervenue sur le terrain.

Avec le recul, l’acceptation de mars 2012 apparaît comme une occasion manquée : le plan Annan ne sera jamais pleinement appliqué, et son auteur renoncera à sa mission dès l’été 2012, alors que la guerre s’enracinait durablement.

Sources

Image à la une : US Mission in Geneva / Wikimedia Commons, licence domaine public (source).

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