Retour sur 2012 – mars : au Mali, un coup d’État militaire renverse Amadou Toumani Touré

Soldats maliens montant la garde devant le camp de Kati, quartier général des putschistes, près de Bamako en 2012

Notre série « Retour sur 2012 » revisite un événement qui a bouleversé l’Afrique de l’Ouest en mars 2012. Le 22 mars, le Mali, longtemps présenté comme l’une des démocraties les plus stables de la région, basculait dans la crise : des militaires mutinés annonçaient à la télévision nationale avoir mis fin au pouvoir du président Amadou Toumani Touré.

Tout commence la veille, le 21 mars, lorsque des soldats manifestent leur colère lors d’une visite du ministre de la Défense dans un camp militaire au nord de la capitale. La mutinerie s’étend rapidement : les insurgés s’emparent du siège de la radio-télévision publique à Bamako, puis attaquent le palais présidentiel. Dans la nuit, des tirs nourris résonnent dans la capitale.

Au petit matin, un groupe de militaires apparaît à l’écran au nom du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDRE). Leur chef, le capitaine Amadou Haya Sanogo, annonce la suspension de la Constitution, la dissolution des institutions, un couvre-feu et la fermeture des frontières. Les mutins reprochent au gouvernement de ne pas leur avoir donné les moyens de combattre la rébellion touarègue qui progresse dans le nord du pays, et promettent de rendre le pouvoir à un président élu.

Le chef de l’État, ancien militaire arrivé une première fois au pouvoir en 1991 avant de le rendre aux civils, puis élu en 2002 et réélu en 2007, devait quitter ses fonctions après l’élection présidentielle prévue le 29 avril. Il n’est pas aux mains des putschistes, mais plusieurs ministres sont arrêtés. Le coup d’État est aussitôt condamné par la communauté internationale.

Sous la pression de la Cédéao, Amadou Toumani Touré démissionnera officiellement début avril, laissant l’intérim au président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré. Mais le vide créé à Bamako profitera aux groupes armés, qui prendront le contrôle du nord du Mali dans les semaines suivantes, ouvrant une crise sahélienne durable.

Sources

Image à la une : Magharebia / Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0 (source).

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